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Racontez un souvenir qui vous a profondément marqué.

Un jour, quand j'avais encore sept ans, je suis allé avec mon grand-père au souk hebdomadaire qui se trouvait loin de notre douar. Le marché occupait une immense place entourée d'une muraille. Mais il n'y avait pas une place libre tellement les hommes et les bêtes étaient nombreux. Les tentes des marchands ressemblaient à un champ de champignons qui poussaient sur une terre fertile.
Les cris stridents des marchands qui criaient à tue-tête pour bonimenter leurs marchandises et racoler les clients m'étourdissaient. La chaleur était torride. Les gens pressés ou absorbés par leurs soucis me bousculaient de temps à autre. Je m'arrêtais

fréquemment devant l’étal d'un vendeur de friandises ou de gâteaux pour manger du regard les délices qui s'offraient à mes yeux.
Je m'oubliais et mon grand-père, qui ne faisait pas attention à moi, s'éloignait. Lorsque je m'avisais qu'il avait pris une grande distance, je courais en me faufilant entre les jambes des hommes et des femmes pour le rejoindre.
Mais, à un certain moment je fus attiré par une foule d'individus qui encerclaient un homme tenant en laisse un singe. La curiosité était plus forte que la crainte de perdre la trace de mon grand-père. Je m'arrêtai donc pour jouir du spectacle de la petite bête qui obéissait aux ordres de son maître et exécutait des acrobaties magnifiques. C'était vraiment magnifique ! J'oubliais tout. Rien n'existait plus pour moi.
Je ne sus pas combien de temps s'était écoulé quand la foule se dispersa et l'homme au singe ramassa ses affaires puis partit. Ce fut en ce moment-là que je réalisai que plusieurs heures s'étaient écoulées et que mon grand-père n'était plus à mes côtés. Je commençais à piailler et à courir à droite et à gauche. Quelques hommes essayèrent de me calmer en me demandant comment s'appelait mon père et ma mère ; mais je ne faisais pas attention à leurs paroles : j'étais très paniqué.
Le souk commença à se vider. Les tentes disparaissaient rapidement comme des champignons qu’on avait coupés. Ma peur grandissait et mes cris redoublaient de force.
Soudain, un gendarme s'arrêta près de moi et me prit par la main. Il me demanda le nom de mon père. Je ne répondis pas à sa question. Alors, il me dit : « Ne t'inquiète pas mon petit, je vais t'amener près de ton père ! » Ces propos me rassurèrent et je me laissais aller avec lui. Nous arrivâmes dans un poste de gendarmes. Il me fit asseoir sur une chaise. Je ne sus pas combien j'avais attendu. Il me sembla que c'était une éternité ! Je vis alors mon grand-père hagard, les yeux pleins d'inquiétude. Je courus vers lui. Il me prit dans ses bras et je pleurai tout mon soûl.

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