Sujet n°120 : les petites bonnes

De nos jours, beaucoup de jeunes filles sont engagées comme domestiques (des bonnes). Qu'en pensez-vous ?

Ces dernières années, le travail des jeunes filles comme bonnes dans des foyers citadins aisés est devenu un phénomène. Le nombre des domestiques ne cesse d'augmenter de jour en jour. Quelles sont les causes et les conséquences de ce nouveau fléau ? Et comment peut on y remédier ?

La sécheresse qui s'est abattue sur la campagne marocaine pendant plusieurs années a appauvri les petits fellahs qui n'ont d'autres ressources que le travail de la terre. Les dettes qu'ils ont contractées auprès de la banque alourdissent davantage leurs problèmes. Le bétail décimé et les puits desséchés, les pauvres paysans n'ont d'autres solutions que l'émigration vers la ville. Dans tous les cas, beaucoup d'entre eux se trouvent obligés de placer leurs filles comme bonnes chez des familles riches. Parfois, les parents misérables croient qu'ainsi ils sauvent leurs filles : ils pensent que ces dernières mangeraient bien, se vêtiraient convenablement et apprendraient un métier grâce à l'employeur.

Mais généralement, sinon toujours, les conséquences du travail de ces jeunes filles sont désastreuses. Elles sont constamment l'objet de la violence de tous les membres de la famille chez laquelle elles travaillent. La maîtresse hargneuse frappe sans raison la bonne et l'accable d'injures ; les enfants la traitent comme si elle était un esclave ; et le père ivre ou lubrique l'exploite sexuellement. Beaucoup de domestiques sont violées par leurs employeurs : c'est le plus grand danger auquel elles sont exposées. La violence atteint dans certains cas un degré inimaginable : une fois, une employeuse a cautérisé avec la lame chauffée d'un couteau les

parties génitales d'une fillette. D'un autre côté, les domestiques mangent les restes de leurs maîtres dans un coin sombre de la cuisine ou du garage. On les considère comme des animaux. Les chiens de compagnie sont mieux lotis que ces êtres faibles.

Par ailleurs, en les plaçant comme bonnes, les jeunes filles sont privées de l'enseignement et de la formation professionnelle qui leur garantissent un avenir meilleur.

Le phénomène des bonnes ne cesse de prendre de l'ampleur. Cependant, je crois que les solutions ne manquent pas. Les responsables dans notre pays doivent agir vite avant qu'il ne soit trop tard. La première démarche à faire est de combattre la pauvreté. Dans ce sens, il est nécessaire de créer les conditions favorables pour le développement de la campagne : la construction des écoles, des hôpitaux, des routes et l'électrification s'imposent. Sans oublier la nécessité vitale d'assurer aux populations rurales l'eau potable. D'autre part, il faut encourager l'investissement dans ces zones ravagées par la sécheresse et l'ignorance. Sur le plan juridique, le gouvernement doit interdire le travail des fillettes, et stipuler des lois qui protègent les bonnes et garantissent leurs droits. Parallèlement à ces mesures, je pense qu'il est vital de créer des centres qui reçoivent les bonnes maltraitées par leurs employeurs. Ces centres apporteraient un soutien psychologique et juridique aux victimes des exactions et des abus des employeurs.

Ce la dit, je suis formellement contre le travail des jeunes filles. Leur place est dans les écoles et les centres de formation. Des associations connues comme « Bayti » jouent un rôle immense dans l'assistance des ces petites filles ; le gouvernement doit lui octroyer des subsides.

Le travail des fillettes comme domestiques est une conséquence de la pauvreté dans laquelle croupissent les parents de celles-ci. Pour lutter contre ce phénomène, il faut aider les parents à améliorer leurs conditions de vie. Dans l'état actuel des choses, avec l'avènement de la mondialisation qui draine dans son sillage l'égoïsme, l'individualisme et l'indifférence envers autrui, le fléau ne risque-t-il pas de s'aggraver ?

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